L’élevage d’insectes

Alors que la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation) tend à promouvoir la consommation d’insectes comestibles partout dans le monde, la question de la production à une échelle mondiale de ces insectes, la création massive d’élevage d’insectes reste pour le moment très floue.

Cependant, dans des pays comme la Chine ou la Thaïland, certaines personnes se sont d’ores et déjà penchés très sérieusement sur la question et de l’élevages d’insectes y est devenu une priorité.

carte production insectes comestibles

Comme on le voit, manger des insectes est bien plus sain que du bétail traditionnel.

 

Pourquoi élever des insectes comestibles ?

En fait, une des raisons pour laquelle les insectes sont présentés comme une telle source de nourriture respectueuse de l’environnement, c’est qu’ils sont incroyablement efficaces pour être convertis en viande comestible.

Une étude réalisée en 1991 a ainsi pu révéler que 80% de la masse d’un grillon est comestible; que ces derniers peuvent convertir deux fois plus efficacement leur alimentation que le poulet, et 12 fois plus qu’un bovin. Et contrairement au bétail, qui exige des hectares de cultures pour être nourri, les insectes peuvent vivre sur des restes organiques comme du compost agricole. Actuellement, les insectes utilisés pour l’alimentation animale sont eux-mêmes nourris avec des déchets et des recherches sont en cours sur les mesures de sécurité à adopter pour de l’élevage d’insectes nourris avec des déchets de consommation humaine.

L’élevage et l’entretien des animaux d’élevages traditionnels sont également contribue énormément à l’augmentation du gaz effet de serre. Outre les émissions des déchets produits à partir du défrichement et du transport des cultures fourragères, les vaches et les porcs produisent des émissions en forme de méthane et d’oxyde nitreux, simplement en existant. Les cafards, les termites et les scarabées sont les seuls insectes qui produisent du méthane, alors qu’élever 1 kg de vers de farine, de cricket ou de viande de criquets produit 100 fois moins de gaz à effet de serre et d’émissions d’ammoniac qu’une masse égale de porc ou de bovins. Qui di t mieux ?

L’élevage d’insectes, une récolte ?

Traditionnellement, les insectes n’ont jamais vraiment été exploités, mais plutôt récoltés. Parfois même pour les empêcher de dévorer les récoltes.

Mais certaines régions mènent des expériences dans l’agriculture et la semi-culture des insectes. Des chercheurs en entomologie de l’Université de Khon Kaen en Thaïlande ont travaillé avec des agriculteurs thaïlandais à développer des méthodes de culture des insectes. Ces derniers ont déclaré qu’une fois qu’une poignée d’agriculteurs ont commencé à voir le revenu réel de leurs fermes d’insectes, leurs voisins ont aussi commencé à s’adonner à l’agriculture d’insectes pour répondre à la demande croissante d’insectes comestibles Thaïlande. Cela se rapporte à tout le monde dans la chaîne d’approvisionnement : les agriculteurs, les personnes qui transportent les insectes vers les villes, les personnes qui préparent les insectes, les vendeurs sur les marchés. Lorsque les populations rurales sont capables de voir les revenus d’un tel processus non intensif en terre, ils sont moins enclins à défricher des terres supplémentaires.

Mais qu’en est-il de l’impact écologique de l’élevage d’insectes grandes quantités ? Quand elle s’est rendue en Thaïlande, Daniella Martin a noté que les fermes de cricket qu’elle voyait avaient tendance à être à ciel ouvert avec aucune tentative pour contenir les grillons. L’élevage d’insectes en Thaïlande, qui se concentre principalement sur les grillons et les sagoutiers charançons, ne provoque aucun dégât écologique et les insectes ont tendance à rester sur place lorsqu’ils sont si bien nourris.

ver a soie

Usine d’élevage d’insectes comestibles, ici des vers à soie.

L’élevage d’insectes de Li Jinsui en Chine

Li Jinsui est un homme qui a dépensé pas moins de 250 000 euros et déposé 7 brevets pour réaliser son projet d’ouverture d’un élevage d’insectes, qui a réellement débuté en 2009. Son usine vend des vers de bambou, larves séchées ou de la poudre de protéines provenant d’exosquelettes ou d’insectes entiers, propre à la consommation humaine ou animale. Les qualités nutritionnelles des insectes en matière de protéines, vitamines et minéraux ont été prouvées, et ils ont un rendement beaucoup plus intéressant comparé à celui du bétail traditionnel. De plus, ils nécessitent beaucoup moins d’eau.

Carrence en  protéines en Chine

Il aura fallu douze années à Li Jinsui pour pouvoir lancer son usine. On peut dire qu’il est un précurseur d’un marché en devenir. La Chine connaît une pénurie en matière de protéines et doit importer du poisson d’autres pays. Pour cet homme « le marché est prêt », « les êtres humains ne sont simplement suffisamment pas informés sur les possibilités qu’offrent les insectes en matière de nourriture ». De par ses recherches, il s’est concentré sur une espèce en particulier «la mouche» qu’il considère comme « la clé ». Li Jinsui prétend être en mesure d’assurer une livraison de 150 kg de vers de mouches au quotidien, mais il prétend que dès 2013, l’expansion de son usine lui permettra d’aller jusqu’à 10 tonnes par jour.

élevage d'insectes comestibles

Pour garantir une qualité optimale, sachez que nos insectes sont régulièrement contrôlés

La mouche est la « clé »

En effet, pour lui la mouche est très répandue, mais elle n’est pas néfaste pour son environnement. Elle est consommable par l’être humain et l’animal et pourrait également être employée dans l’industrie pharmaceutique. De plus, elle possède un composant qui aurait la faculté de renforcer les défenses immunitaires.

Nourries grâce aux déjections animales

Toutefois, il doit encore faire des recherches, car ses mouches sont pour l’instant nourries  par des déjections animales, ce qui les rend inconsommables pour l’être humain. L’autre challenge étant de réussir à convaincre le consommateur de goûter à ce type de nourriture, ce qui pour le moment n’inspire pas l’envie. Car, même si les consommateurs chinois semblent s’habituer aux vers de bambous, il n’en va pas de même pour les larves, qui restent une étape difficile à surmonter psychologiquement parlant.

Naissance de vocations…

Étant données les conditions économiques actuelles, tous les habitants n’ont pas les moyens d’acheter de la viande de bœuf. L’élevage de porc est également long et coûteux. Des vocations sont nées suite à la montée du cours des larves d’abeilles. Ainsi, depuis quelques années des habitants vivant dans les plaines se mettent à la culture d’insectes comestibles.

Même si Jinsui trouve positif le fait que certains habitants aident à la perpétuation des coutumes, il est d’avis qu’il est temps pour la Chine d’envisager une l’élevage d’insectes comestibles à l’échelle industrielle. Si la consommation d’insectes tendait à devenir banale , Li Jinsui pense pouvoir se positionner en tant que leader mondial. En effet, malgré une concurrence installée à 2000 kilomètres de là, Jinsui ne s’inquiète pas. Pour lui, ils seraient dans l’incapacité de produire à une grande échelle si un important marché apparaissait. Leur production ne dépassant pas les 50 à 100kg par jour.

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